Standard de Liège – Anderlecht : un volcan en fusion

Hier soir, le clasico belge entre le Standard de Liège et Anderlecht dans un stade Sclessin en fusion, a épousé toutes les promesses (2-1). Spectacle, jeu en une touche, vivacité et combativité. Dieu que la Ligue 1 française devrait s’inspirer de cela. Les Rouches peuvent-ils prétendre au titre ? 

Un mercato géré de main de maître

Michel Preud’homme, un temps pressenti pour entraîner les Girondins de Bordeaux avait été clair, certain joueurs seraient inamovibles durant le mois de janvier. Parmi eux, Marin, Mpoku, Ochoa, Fai et Carcela notamment. Fort de cette cohésion remarquable, Luyindama, véritable pilier en partance pour Galatasaray a assisté à la victoire de ses désormais ex-coéquipiers mais Bokadi a fait le travail en remplaçant le véloce défenseur congolais. Côté arrivées, Alen Halilovic est le bon coup des Rouches. Pisté par Bordeaux, Anderlecht et quelque clubs espagnols dont le Betis, l’espoir croate s’est finalement engagé contre toute attente avec le Standard sûrement pour compenser le futur départ, cet été, de Marin, meilleur joueur roumain et peut être futur soulier d’or belge tant son activité est impressionnante et son but d’une grande adresse. Michel Preud’homme aux commandes, c’est l’assurance de résultats, même sur une courte période certes, mais ce matin, il doit faire bon être supporteur liégeois.

Un rythme fou 

Dès les premières minutes, le match s’est enflammé par delà un jeu rapide en une touche de balle sciemment orchestré par les Carcela, Marin, Mpoku. Quel plaisir de voir ce jeu léché avec une défense attentive aux incursions fougueuses des Kums et plus tard, Bolasie, nouvel arrivant de taille côté Mauves. Du début à la fin, les Rouches ont joué à l’image d’un certain club catalan, sous un rythme effréné faisant coulisser le ballon très rapidement vers l’attaque avec des relances précises et efficaces. Face à eux, les Mauves n’ont rien lâché jouant en contre avec la vitesse de Kums et le bon placement de Santini, muselé hier par les centraux rouges. Du grand art. Si ce fut un match de championnat, il devait y avoir un gagnant et un perdant hier. C’est le fabuleux Mpoku qui sur une action offensive très violente fracassa les reins d’un Mbodji, trop souvent imprécis et inconstant hier, avant de crucifier Didillon pour le 2-1 à une minute du coup de sifflet. Ali-Foreman. Un vainqueur audacieux face à un perdant magnifique.

Les Rouches à l’assaut du titre

Il ne reste que le championnat pour le Standard passé à deux points du tableau final d’Europa Ligue. Même largement devancés par Genk en championnat (11 points), rien ne semble impossible à ces Rouches là qui de plus, vont sûrement bénéficier du très difficile calendrier de Genk qui affrontera consécutivement le Standard, Slavia, FC Bruges, Antwerp et Charleroi en moins de un mois, juste assez pour laisser les plumes nécessaires aux hommes de Preud’homme pour s’accrocher au classement, à condition de faire le travail. « Douce est la terre qui parait aux yeux des naufragés » rappelait Homère. Ce sentiment de renaissance était palpable à Sclessin hier. Ce matin, le Standard de Liège est redevenu un candidat crédible au titre.

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A Bordeaux, le navire tangue.

Après la double confrontation perdue face au Racing Club de Strasbourg (1-0 // 3-2) et la fin de ce mercato hivernal, quels enseignements tirer de cette dernière quinzaine ? Solide construction ou désastre inévitable ? 

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Ce très cher Poundjé 

Auteur d’excellentes prestations en pré-saison sous le règne Poyet, Poundjé avait rassuré et montré de belles phases en barrages d’Europa League face à des équipes abordables d’Europe de l’Est. Le départ de Contento acté, Maxime avait tous les atouts pour enfin s’imposer sur le flan gauche de la défense bordelaise. Mais trop souvent en décalage avec les exigences du haut niveau, la double confrontation face à Strasbourg en est l’amer témoignage. D’énormes problèmes de replacement, des pertes de balles omniprésentes, des sautes de concentration évidentes et finalement, un niveau loin des attentes d’une équipe jouant le top 10 français. Sur la demi finale de Coupe de la Ligue, il coûte cher…très cher dans un collectif déjà brouillon où tous les buts ont montré l’étendue des lacunes profondes du défenseur. Il est temps que cela cesse pour le bien de l’institution. Maxime Poundjé n’a pas le niveau.

Ricardo perdu 

L’imbroglio Ricardo n’est pas qu’administratif. Il est aussi sportif. Bordeaux méritait un entraîneur charismatique, à poigne. Un George Clémenceau menant ses troupes à faire au moins un pas vers l’avant. Il n’en est rien. Le Brésilien est vissé sur son siège, inaudible, incompréhensible dans ses choix et la déroute de la Coupe de la Ligue, pourtant chère au board américain, a fait tâche. Basic, Cornelius, Palencia, des recrues souvent auteures de bonnes prestations et rarement alignées au bon moment. Pourquoi ? Poundjé a été évoqué précédemment mais quid de Sankharé en meneur de jeu (même si cela a fonctionné au début à la Meinau), Plasil toujours autant fantomatique, Pablo déjà titulaire malgré les bonnes prestations de Jovanovic, Briand feu-follet faisant l’essuie glace dans le vide. Seul Otavio a réussi à s’installer au mérite dans ce onze. Le manageur brésilien semble tanguer seul sur un radeau qui prend de plus en plus l’eau, à chaque défaite de son équipe. Sa place est justement contestée. Son avenir de plus en plus flou.

Un mercato catastrophique 

Bordeaux est l’un des plus grands clubs français jadis comptant sur la scène européenne. Les noms de Silva, champion d’Europe 2016, de l’expérimenté Kagawa étaient annoncées. Bellanova, jeune espoir pourtant libéré par le grand Milan, Yacine Adli, très jeune milieu de terrain aux attitudes qui posent questions sont venus renforcer un effectif qui avait pourtant besoin de certitudes et d’allant. Avec Palencia qui produit de belles prestations sur le côté droit, était-il nécessaire de recruter un arrière droit ? N’y-avait-il pas mieux à faire avec le côté gauche désormais amputé de Pellenard et dont seul Poundjé est censé être le spécialiste. Bordeaux cherchait un leader technique au milieu de terrain. Les noms prometteurs de Zajc, Halilovic, Silva, Boudebouz et Kagawa étaient évoqués. Tous ont trouvé preneur dans des clubs ayant tous une réelle cohérence dans leur politique sportive. A l’arrivé, Yacine Adli dont même Arnaud Detout, spécialiste des équipes de jeune du PSG au Parisien semble émettre des doutes quant au sérieux du garçon et à son attitude. Josh Maja, héros de l’attaque du club de Sunderland alors …en 3eme division outre-Manche a aussi choisi de venir poser ses valises en Gironde. La question de leur niveau est établie et on espère être rassuré rapidement. Très rapidement.

Un avenir incertain

Les supporteurs attendaient du changement dans la politique du club, ils ont été servis. Le manque d’arguments financiers sûrement et de réseaux aussi, ont été malheureusement mis en lumière durant ce mois particulier. L’Europa Ligue semble désormais très loin et la course au maintien bien réelle. Le directeur sportif, Macia ne donne pas les signaux d’un homme impliqué mais d’un business man avide de commissions comme le suppose le transfert de Josh Maja par exemple. Il est à se demander si Hugo Varela n’a pas réussi son pari à faire danser Bordeaux dans son propre intérêt personnel car pour le sportif, un autre Hugo, Victor de son prénom, s’attristait à une autre époque de voir s’éclipser « les lampions de fête ». Un ressenti désormais bien ancré dans le Bordelais.

Club Brugge – Sporting Charleroi : La bonne opération des zébrés

Ce week-end avec la 22ème journée de D1A de Jupiler Pro League, Charleroi se déplaçait à Brugge pour y limiter la casse. Un match complètement fou voyant les Zébrés repartir avec la victoire (0-1). Faut-il pour autant s’inquiéter pour Brugge ? 

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Nurio Fortuna omniprésent

Pisté par les Girondins de Bordeaux et bon nombre de clubs en Jupiler Pro League, Nurio Fortuna aura montré un meilleur visage que face aux Liégeois le 26 décembre dernier. Sur le front de l’attaque, parfois même seul dans la surface, Nurio Fortuna n’a pas ménagé ses efforts pour faciliter le piston entre les attaquants mettant en grande difficulté Poulain et Mata qui faute de pouvoir compter sur un Amrabat des grands soirs ont énormément galoper pour tenter de contenir le joueur de Charleroi. S’il accuse toujours quelque déchets, cet homme là ne devrait pas rester longtemps en Belgique s’il réitère ce genre de performance XXL. Complètement cramé, il est remplacé par Willems en fin de match à juste titre. Un joueur à suivre d’encore plus près.

Vanaken fantomatique

Auréolé d’un soulier d’or en début de semaine dernière, Vanaken était très attendu pour ce choc de la D1A. Pourtant, le Belge a énormément déçu malgré quelque fulgurances rappelant que le haut niveau respecte une certaine rigueur dans les performances. Grand, félin, il a semblé se marcher dessus avec Dennis et Wesley sur le côté gauche. Bien insuffisant face à une solide équipe de Charleroi qui défendit avec coeur sans jamais lâcher un centimètre. Il faudra que Ivan Leko trouve des solutions tant le manque de motivation générale était criant pour les Brugeois car derrière Antwerp tape au carreau.

Ivan Leko impuissant

Il a beaucoup gesticulé dans sa zone de coaching tentant aussi quelque changements mais rien n’y fit. Des remplacements parfois loin d’être évidents avec la sortie de Nakamba et Mata tandis que Amrabat et Vanaken étaient clairement à côté de leurs chaussettes dimanche. Que dire de Wesley qui n’a eu de cesse de sortir de sa zone empiétant sur celle du néo soulier d’or d’une part et manquant de lucidité plusieurs fois ensuite face au but. Deux satisfactions côté brugeois; l’excellente performance de Poulain qui sans cesse a fait le relai vers l’attaque en se replaçant méticuleusement et Vormer, auteur d’une prestation intéressante a semblé comme habité par le match. Pour le reste, il va falloir vite se ressaisir car les matchs vont être de plus en plus décisifs.

Enfin, un peu d’optimisme à Bordeaux

Les Girondins de Bordeaux se sont imposés face à Dijon par le plus petit des scores (1-0) et les bonnes nouvelles pourraient continuer de s’enchaîner cette semaine. Que retenir de ce match ? A quoi s’attendre ? 

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Kalu, encore une fois décisif

Indéniablement, c’est une belle semaine pour Samuel Kalu. Virevoltant avec une énergie à déplacer des montagnes, le Nigérian s’est employé à bonifier son équipe. Nonobstant la hargne de Antoine Kombouaré, les Dijonnais ont sombré en deuxième mi-temps malgré des efforts de combativité certains. Kalu a été présenté comme le successeur de Malcom, depuis sur la liste des transferts à Barcelone et force est de constater, que depuis quelque temps, l’ancien joueur de la Gantoise y met du sien, alliant sérieux, calme et depuis peu, de l’efficacité.

Basic confirme 

Une fois encore, Toma Basic confirme que de l’avoir oublié sur la liste UEFA a peut être été fatidique aux Girondins en Europa League. Mort de faim, le Croate déboule sur la pelouse pour marquer dès le premier ballon avec ce coup-franc qui part quelque mètres à côté du but dijonnais. Son pied gauche fait réellement du bien. Sa taille et son envie sont des joyaux à un moment où l’institution vacille quelque peu avec ce mercato un peu trop tranquille en Gironde. Otavio-Basic-Silva ? Un milieu de terrain qui pourrait bientôt faire rêver au Matmut Atlantique.

Bryan Mbeumo bel et bien d’actualité

Bryan Mbeumo serait bien sur la liste des arrivées imminentes côté Girondin. Son agent Frédéric Guerra, l’un des plus influents a l’oreille de Ulrich Ramé. L’agent serait actuellement à Bordeaux pour y finaliser le transfert de la pépite troyenne. Cette information ramenée par un protagoniste crédible du football voulant demeurer dans l’ombre a cependant, été formellement démentie par l’un des dirigeants du club de l’ESTAC n’entendant aucun mouvement avant cet été. Qui croire à l’heure où Joe DaGrosa est en train de secouer le cocotier ? S’il est certain que le (très) jeune ailier est ardemment suivi par les Girondins, d’autres clubs Outre-Rhin seraient en passe aussi, de passer à l’action sur le dossier. Pour éviter de se faire chiper le jeune garçon déjà, à deux doigts de rejoindre Reims cet été, les Girondins auraient donc décidé de jeter son dévolu sur lui, entrant parfaitement dans la politique sportive de GACP.

Une arrivée impliquant le départ de Kamano ? 

Que penser d’une arrivée d’un ailier gauche jouant poste pour poste avec celui de François Kamano ? Si Bryan Mbeumo semble trop tendre pour la Ligue 1, la passation serait parfaite avec François Kamano en instance de départ cet hiver ou cet été. L’expérience du Guinéen pourrait être la solution de rechange parfaite à la vue d’une fin de saison canon. Des paires Kamano-Mbeumo à gauche et Karamoh-Kalu à droite pourraient constituer l’une des plus belles attaques de Ligue 1 jusqu’à la fin de l’exercice 2018-2019. Rendez-vous cette semaine pour des réponses solides.

Mercato hivernal : Sac de noeuds

Durant cette période de début d’année, les rumeurs vont bon train pour tous les clubs professionnels en Europe. Les Girondins de Bordeaux n’échappent pas à la règle et comme souvent, ce sont les supporteurs qui en pâtissent. Immobilisme calculé ou imbroglio à peine dissimulé ? 

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Emiliano Sala, déception en or. 

Mangione, le meilleur buteur de Dijon nous en avait dit que du bien lors de son passage à Orléans. Baladé d’un club à un autre, sans rechigner, l’attaquant s’est toujours démené à l’énergie comme l’affirmait Yves Deroff, dernièrement sur Leero Sport News, champion de France 2001 avec Nantes. Et si le naufrage Sagnol était encore plus profond qu’évoqué ? Aujourd’hui, on parle d’un accord avec Cardiff aux alentours de 20 millions d’euros dont les Girondins devraient toucher 50%. Un soulagement pour les comptes bordelais qui vont peut être pouvoir s’activer à renforcer un effectif avide de sang frais et de changement…ou pas.

Kamano, « la balade de Jim » 

C’est LA question qui anime la blogosphère bordelaise. L’international Guinéen possède un bon de sortie estimé à 30 millions d’euros selon Hugo Varela mais si Watford serait le plus crédible pour remplir ces conditions, Monaco semble aussi s’accrocher au joueur. Il est probable que Kamano reste girondin jusqu’à la fin de la saison. C’est ce que croit Nima Tavallaey, spécialiste football pour la Sky notamment (cliquer sur le texte). C’est plutôt rassurant de voir un dirigeant bordelais poser des conditions drastiques face à la montée des enchères de l’ailier salvateur. L’absence de FK11 a fait parler lors du dernier match face au SCO Angers. Pourtant, pas de quoi s’inquiéter, le club protège le joueur! Si vous aimez vous gaver de séries américaines, arrêtez tout ! Bordeaux a créé la sienne avec ce feuilleton qui écorne lentement mais sûrement, la patience des supporteurs, eux, las d’être balancés de bille en bande. Les avis diffèrent sur sa situation. Certains évoquent des contacts en bonne voie, d’autres affirment qu’aucun lien existent. Une chose est sûre, pour l’heure, Kamano fait parler de lui plus en dehors du terrain que dessus.

Bordeaux à la barre. 

De la même manière qu’un Basic « oublié » de la liste UEFA. Les avis seront partagés aussi sur la question Sala car la clause de 50% de bonus à la revente sauve les meubles mais un attaquant à douze buts par saison formé au club aurait toujours coûté moins cher qu’un Prijovic ou Krmencik. La question Kamano ne date pas d’hier. Promis à un contrat plus éloquent sous l’ère Poyet, Kamano a subi les multiples changements au sein du club sans que sa position ait été reconsidérée. Un salaire inférieur à 100k euros par mois qui aurait dû être largement revalorisé. Un élément qui pèserait lourd dans les « sautes de concentration » du Guinéen. Devons-nous aborder la question des Pellenard, Prior et Gajic ? Loft Story avait pourtant fini sur un flop mais à Bordeaux, on doit aimer les rediffusions. Cela fait maintenant plus d’un an que les nouveaux propriétaires ont un pied dans le club et ces derniers donnent largement l’impression de subir jour après jour la loi, agressive, du football moderne. Une gestion à la petite semaine malgré l’arrivée de Longuépée. Quid du directeur sportif ? Quid de la querelle des « anciens » et des « nouveaux » au sein du club ? Quid de l’effectif ? Finalement, Ricardo fait avec ce qu’il a et peut encore sauver la saison avec les outils qu’il a sa disposition. Les ultras avaient peut être raison en rappelant qu’un « monument est en danger ».

 

Angers – Bordeaux : Savoir s’en contenter

Au travers d’un match parfois excellent, souvent brouillon, les Girondins de Bordeaux ont su ramener trois points précieux de Angers (1-2) dans les ultimes instants. Placebo ou réel changement ? 

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Un coaching douteux 

Si la composition de l’équipe ne fait guère débat en défense centrale, c’est au milieu de terrain et en attaque qu’elle pose question. Un Nicolas de Préville au départ à gauche et puis remis dans l’axe. Jimmy Briand d’abord en numéro 10 puis devenu ailier gauche puis ailier droit en permutation avec Kalu … Quelle débandade ! Que se passe-t-il dans la tête de Ricardo et son staff ? Les incertitudes semblent nombreuses tandis que l’équipe démarre la deuxième partie de saison. Pour un club professionnel qui veut jouer les premiers rôles en France et en Europe, cela fait tâche.

« On peut s’améliorer sur la deuxième partie de saison » Palencia

Kalu sur l’eau

Il l’est l’une des rares satisfactions de la soirée. Sûrement soulagé du (probable) départ de François Kamano, Samuel Kalu a fait une partie complète hier. Habile, il aurait pu doubler la mise sur une frappe de volée à l’entrée de la surface déviée par Butelle. Il semble trouver ses marques et ne râle plus sur le terrain. Il a largement soulagé les imperfections de Lerager et a su combiner avec ses latéraux Palencia puis Poundjé. Auréolé d’un but mérité, le Nigérian a su montrer de quoi il était capable avec des dribbles chaloupés de toute beauté et surtout efficaces.

Karamoh, le sauveur. 

Le joueur prêté par l’Inter sait qu’il a aussi une place à jouer sur cette deuxième partie de saison. Il a su remplacer le fantomatique De Preville avec des passes souvent adroites, tentant de jouer vers l’avant plutôt que de revenir en arrière. Sa chevauchée amenant le dernier but dans les arrêts de jeu montre qu’il a faim alors que l’équipe subissait. On peut parler de hold up tant les Angevins à l’image de Tait et Pavlovic ont su se montrer combattifs et dangereux dans les largesses du milieu bordelais.

L’arbre qui cache la forêt

Les questions sont nombreuses dans les coulisses du club. Bien sûr que cette victoire fait du bien, mais le SCO méritait mieux, c’est indéniable. Joe DaGrosa arrive cette semaine pour prendre des décisions importantes en interne. Il serait temps car l’institution est en péril et Ricardo semble être seul au milieu de ce marasme, seul, vissé sur son banc avec ses doutes. Le mercato est presque épuisé de moitié et les Girondins ne semblent pas bouger sur des dossiers plutôt importants comme le directeur sportif, personnage incontournable de l’organigramme. « Gouverner, c’est prévoir » rappelait Girardin, fils de général d’Empire. A contrario, en région bordelaise, le « chacun pour soi, Dieu pour tous » est de rigueur.

Réaction fortement attendue

Après cette triste défaite (1-0) à Nice, les Girondins de Bordeaux sombrent un peu plus dans un championnat qui résonne creux pour eux. En coulisses, le constat semble aussi très préoccupant. 

Une victoire sur les neuf derniers matchs de Ligue 1, c’est le constat accablant des troupes de Ricardo de plus en plus mis en difficulté dans les bureaux du Haillan. Beaucoup de questions préoccupent les supporteurs et autres journalistes suivant le club.

« Progresser en matière d’exigence » Benoit Costil

Un fond de jeu aux abonnés absents 

Il n’est que l’histoire d’un bis repetita que celle des Girondins de Bordeaux. A cette même période l’année dernière, les Bordelais patinaient manquant d’envie, Jovanovic, titulaire. Pablo, le soldat brésilien manque cruellement en termes de rigueur et d’envie. Les joueurs marchent, donnent l’impression de ne pas évoluer ensemble. Un désordre inquiétant dont seul Toma Basic tire son épingle du jeu. Le jeune milieu croate est en effet la satisfaction de ce début d’année avec du déchet certes mais quelque éclairs de génie dont ce but à Dijon par exemple. Souvent propre, le jeune Croate fait se poser des questions à l’ensemble des supporteurs. Pourquoi n’était-il pas aligné avant ? Pourquoi a-t-il été « oublié » en Europa League ? A défaut de rassurer, le jeu de l’équipe met en lumière les maladresses des coulisses, là où encore, le club ne joue pas en équipe.

Un mercato marseillais

Il est rare aux Girondins d’entendre parler de clans tant le club est une place sereine du football français. Cependant, force est de constater que les dossiers tournent au ralenti mettant en difficulté le club girondin. Hugo Varela et Ulrich Ramé sont clairement en concurrence sur certain dossiers. Le premier voulant intégrer définitivement son staff dans le club, le second, par amour du club et amour propre, voulant redorer l’image du Haillan avec un nom, une vitrine. Le symbole de cette dissension se nomme Kagawa. De nombreux sons de cloche tous plus différents les uns que les autres sur le joueur Japonais de Dortmund. A l’origine, ce dernier souhaiterait évoluer en Liga où le prêt d’un Malcom aurait pu arranger ses affaires mais faute de trouver un point de chute capable de payer son lourd salaire en plus de lui trouver une place dans des effectifs déjà fournis, l’option subsidiaire s’appelle Bordeaux. Moins ronflant, moins vendeur…mais bel et bien présent. Un dossier qui date de cet été et qui a semblé s’accélérer ces derniers jours. Un choix cornélien ou pas, s’impose au joueur : cirer le banc chez le futur champion d’Allemagne avec une place non négligeable à venir dans l’organigramme du club ou tenter le pari bordelais et peut être se flinguer une réputation déjà établie en Europe ? Pour ce qui est du club au scapulaire, Varela ne semble pas très optimiste quant au Nippon. Deux sons de cloche chatouillant les oreilles de Longuépée et DaGrosa tandis que le club se ridiculise. Le commentaire de Team Duga risque d’être cinglant, ce soir.

Quid du Directeur Sportif ? 

Il manque clairement d’ordre au sein des Girondins de Bordeaux. La venue d’un directeur sportif d’expérience avec une vision à long termes est un besoin qui ne date pas d’hier. Coup de chapeau au passage au travail de Patrick Battiston qui maintient l’un des derniers bastions d’excellence du club en Europe. Après Klinsmann, Macia, Wenger, Robert Fernandez semble tenir la corde. L’actuel consultant BeIn Sport en Espagne a enfilé la tunique durant quatre années pendant lesquelles il a su mettre en place le tournant moderne de la Masia indispensable pour préparer l’après Messi. Le club catalan désireux de faire plus de profits a décidé de verrouiller les réseaux d’Abidal afin de faire de la formation française, un fleuron barcelonais. Exit Robert Fernandez et sa fantastique vision du football. Il pourrait être l’homme de football dont les Girondins de Bordeaux ont tant besoin depuis des saisons.

Pour l’heure et sportivement, la bouée de secours se nomme Coupe de Ligue. Elle est prenable à condition pour l’effectif de cesser la politique de l’autruche et retourner dans des principes de jeu qui lui vont si bien.

Retrouvez l’interview de Vikash Dhorasoo en cliquant sur le texte