Lyon – Barcelone : L’espoir fait vivre

Après un match solide (0-0), Lyon s’est fait peur mais a tenu la dragée haute à un Barcelone sérieux mais parfois nonchalant. Faut-il s’inquiéter ou espérer pour le match retour au Camp Nou ? 

Denayer XXL

Lyon l’a recruté cet été pour être le taulier que n’a pu être Yanga-Mbiwa. S’il dégage une tranquillité certaine, le garçon n’en est pas moins un colosse bien ancré sur ses appuis. Il a toujours su défendre debout, très attentif et ni Messi, ni Dembélé n’a pu percer cette défense centrale pourtant mise à mal pendant 90 minutes. Il faudra au moins une performance équivalente si Lyon veut espérer quelque chose.

Messi et Dembélé maladroits 

La pulga a fait ce qu’il a voulu au milieu de terrain, alternant le magique avec le passable. Exceptionnel sur des phases de jeu penchant sérieusement vers la gauche, flamboyant aussi dans l’axe, Lionel Messi n’a pas su être décisif dans le dernier geste vendangeant par quatre fois au dessus du but de Lopes. Dembélé, toujours serein, n’a pas trouvé non plus la réussite escomptée pourtant très dangereux jusqu’à sa sortie où Coutinho a semblé être ailleurs. Malcom aurait peut être été un meilleur choix. L’occasion était rêvée pour les Gones de prendre l’avantage, mais il n’en fut rien. Attention à ne pas regretter la méforme des deux prodiges barcelonais au Camp Nou mais l’espoir fait vivre.

Depay hors sujet 

Il est l’un des joueurs très expérimentés de l’effectif lyonnais. On attendait beaucoup de lui sur le front de l’attaque surtout en l’absence de Fekir, bien remplacé cependant par Terrier qui a fait plus que son mieux. Hors sujet dans ses conduites de balle et jouant à contre courant, Memphis Depay a montré qu’il était très loin du haut niveau européen. Il y avait mieux à faire sur les coups de pied arrêtés et les contres, là où le néerlandais était attendu. Inutile dans les replacements défensifs là où pourtant ses coéquipiers avaient besoin de lui, Memphis a semblé être plus concentré par son nouveau titre de rap que ce 1/8ème aller.  Un départ cet été serait peut être bienvenu si le club veut grandir réellement. L’Europa League lui conviendrait mieux.

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Bordeaux – Toulouse : les Girondins n’abdiquent pas

C’était un match particulier cet après-midi entre les Girondins et Toulouse. Frappé par la disparition d’Emiliano Sala, il fallait impérativement gagner aussi pour ne pas sentir le vent frais de la relégation s’approcher réellement. Mission accomplie mais loin d’être évident (2-1). 

La jeunesse au pouvoir

Que ce fut long ! Nous attendions fortement la titularisation des Basic et Maja et nous fûmes entendus. Le premier auteur de prestations de qualité n’a pas dérogé encore une fois. Le Croate a mouillé le maillot et c’est tout naturellement que sur un centre venu de la gauche, il se place au second dans le dos de la défense et crucifie Reynet. Maja aura été virevoltant mais brouillon. Bien sûr, passer de la League One à la Ligue 1 n’est pas une transversale aisée mais le garçon a fait naître des espoirs intéressants. Pour Adli, on attendra de voir sur l’ensemble d’un match. Trichard s’est appliqué et va semble-t-il s’accrocher pour revenir. Un professeur aurait écrit « encourageant ! » et le supporteur, heureux, de voir ses nouveaux jouets fouler le pré.

Briand bonifie ses statistiques

On attendait de lui un dizaine de buts sur la saison et force est de constater que Jimmy Briand s’en rapproche doucement. Souvent décisif au bon moment, il vient donner les trois points aux Girondins à un moment de la saison où rien ne va. Comme un symbole, son but peu académique illumine le Matmut Atlantique qui en avait bien besoin. Jimmy Briand semble être bel et bien l’homme de la situation dans l’opération maintien des Girondins de Bordeaux.

Bordeaux dans le ventre mou

Bon nombre d’échanges et d’interviews montrent une certaine nostalgie pour le club des Girondins de Bordeaux, comme si l’accès à la Coupe d’Europe était une sorte d’automatisme. La déclaration de Yacine Adli va encore dans ce sens, voyant le club aller chercher les places qualificatives pour la C3. Mais soyons réalistes, le jeu affiché est clairement alarmant et d’autres équipes, à défaut des saisons précédentes, se sont réveillées à l’image des Rennes, Montpellier, Strasbourg ou Saint Etienne. Le classement de ces équipes signent bien évidemment l’immense retard dans la politique de recrutement notamment qu’ont pris les Marines et Blancs. Si seulement la rustine existait mais là où des Khazri, Malcom, Mariano ou Diabaté cachaient la forêt, cette saison semble être dénuée de toute artifice.

 

 

Club Brugge KV – KRC Genk : un match à sens unique

Cet après midi avait lieu l’un des matchs les plus attendus de Jupiler Pro League avec l’opposition à Jan Breydel face au KRC Genk, mais les hommes de Philippe Clément se sont fait littéralement manger par Brugge pour un match à sens unique (3-1). 

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Vormer, le soldat de l’hiver

Il a 30 ans et en paraît 40 tant son expérience et sa grinta font de lui un joueur dangereux de la première à la dernière minute. Les cheveux plaqués en arrière Ruud Vormer, international néerlandais fait un bien fou au Club Brugge tant il ne permet pas à ses adversaires de poser le jeu calmement. Toujours, il harangue, toujours il presse pour gratter inlassablement des ballons ici et là qui se transforment en occasions. Il est le parfait relai sur le terrain de Ivan Leko et avec cette envie, nul doute qu’il faudra se méfier d’eux en play-offs.

Mata, blessure inquiétante. 

Il est l’auteur du premier but sur un amour de passe de Schrijvers et semble s’être claqué sur l’appui suivant. Le joueur n’a eu de cesse de faire des allers-retours sur le flan droit sans jamais s’économiser. Souvent brouillon mais physique, Clinton Mata n’a pas ménagé ses efforts à un poste hybride entre arrière-droit et ailier où le cardio doit être au meilleur. Avec de telles performances, nul doute que l’international angolais ne devrait pas s’éterniser en Belgique. Bon rétablissement à lui. Première alerte sérieuse à quelque encablures des play-offs, affaire à suivre.

Samatta confirme

C’est un match où Malinovskiy a eu du mal à le trouver, où Trossard n’a pas eu la réussite escomptée et pourtant Samatta a marqué sur un corner de Pozuelo. L’attaquant crucifie Horvath d’une tête croisée. Même sans être exceptionnel, Samatta montre qu’il peut prétendre à un top club et déjà le Milan AC, l’Inter, Chelsea, les Rangers, Nantes et Bordeaux lui font les yeux doux. Sa nonchalance sur le terrain et sa décontraction font de lui un numéro neuf de grande qualité aux nerfs d’acier. Un profil à suivre impérativement !

Retraite de Benoît Trémoulinas : Ciao maestro !

Cher Benoît,

Je viens de lire ton communiqué et bien sûr, comme bon nombre de supporteurs bordelais, ce sont des images de bonheur qui défilent devant mes pupilles. Tu as tout gagné avec les Girondins de Bordeaux en France et je ne peux m’empêcher, encore aujourd’hui d’être convaincu qu’il y avait peut être une coupe aux grandes oreilles à prendre en 2010.

Comme beaucoup de nostalgiques, je ne retiens que le meilleur mais te concernant, c’est bien le cas. Enfant du club, tu savais te rendre disponible et as toujours su rendre à César. Ton communiqué n’a d’ailleurs pas dérogé à cette règle que tu t’imposes depuis toujours : la fidélité.

Au-delà de ton talent extraordinaire balle au pied, tu avais cette touche du haut niveau qui permet à un grand de tutoyer l’Olympe. Tu ne t’en es pas fait prier par deux fois avec le FC Séville en 2015 et 2016 où tu as réalisé ce que les Girondins n’ont pu faire en 120 années d’histoire; lever un trophée européen majeur.

Comme beaucoup, encore, tu as affronté les obstacles au centre de formation, les blessures et les phases de moins bien. Mais à chaque fois, tu es revenu plus fort, surprenant même l’auditoire qui n’en attendait pas tant. Tel un maestro face à son audience, tu nous as régalé de ce que tu as en toi, le football plaisir.

Evidemment, je te souhaite le meilleur, bien sûr que je ne m’en fais pas pour ton après carrière. En revanche, depuis ton départ, au Haillan, les journées sont plus longues. Notamment dans ce couloir gauche qui comme avec Liza, t’es tien pour toujours.

Manchester United – Paris Saint Germain : Un Paris bifrons

Nous nous attendions à un match de haut niveau et nous avons été servis (0-2). Dans une ambiance folle où Di Maria n’a pas été épargné par les insultes des supporteurs. Paris ramène une victoire précieuse et met un pied en quart. Véritable maîtrise ou éclair de génie ? 

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Kimpembe, d’un extrême à l’autre

Il aurait pu coûter cher notre néo champion du monde. Sûr de lui, Presnel s’est permis de dribbler et de jouer les Brésiliens dans la surface de réparation parisienne à deux doigts de passer en correctionnelle. Mais la libération vient aussi de lui, Titi parisien, fier représentant de cette île de France riche en talents et tellement amoureuse de son équipe. Tel Thierry Henry face au Brésil en 2006, Kimpembe arrive lancé en l’air, le pied ouvert, prêt à crucifier De Gea qui ne sort pas et reste statique sur sa ligne. (0-1)

Mbappé tel Janus 

Une première mi-temps brouillon où Killian n’arrive pas à trouver sa place sur le terrain, maladroit dans ses placements et trop soucieux d’un exploit individuel. Têtu, il passe les 45 premières minutes à vouloir sauver son équipe d’un naufrage presque programmé tant Shaw, Martial, Young et Lindgard sont tranquilles et posés. Mais Mbappé revient en deuxième mi-temps avec la justesse qu’on lui connaît et son placement dans la course lors de son deuxième but est de toute beauté. Il montre une nouvelle fois son excellent sens du but. Il aurait pu par deux fois aggraver la marque mais De Gea a aussi préservé ses cages face à l’international français, montrant qu’il reste un gardien de grande classe.

Veratti-Silva-Buffon, la force tranquille 

Paris s’est déplacé à Old Trafford avec énormément de doutes quant à l’équipe qui allait être alignée. Force est de constater que Veratti a permis de respirer et de se détendre au milieu de terrain en première période même si l’Italien a semblé être à court de jus en deuxième. Buffon et Silva ont réussi à transmettre leur calme et savoir-faire sans s’emballer, toujours justes, les deux hommes ont gardé le temple inviolé. Les deux joueurs passés par la Série A ont littéralement écoeuré les incursions mancuniennes et c’est tant mieux car ce soir, le PSG a un pied en quart de finale. Mais comme le rappelle Ovide, Janus est capable de sérénité comme de chaos. Attention à ne pas tout détruire comme ce fut le cas il n’y pas si longtemps à Barcelone.

Hasta luego Emiliano

Cher Emiliano,

La dépêche est tombée ce matin, il est évident désormais qu’on ne te reverra plus chanter ton football sur les rectangles verts du monde, t’accrochant follement à l’espoir de collectionner de nombreux succès qui auraient dû remplir ton bahut, celui que tu avais commencé à user dès ton arrivée chez nous, dans notre belle cité de Bordeaux.

Notre club aurait dû être la passerelle avec le grand destin sportif qui sciemment t’attendait de l’autre côté de la Manche. Là où tant de héros ont échoué, tu avais déjà conquis le coeur de la difficile Cardiff et son passé minier ancré dans la culture populaire. Les gens de là bas ne se retournent pas sur la fatalité ou la facilité d’étoiles filantes mais se lèvent et scandent les besogneux et le labeur éreintant d’une poignée comme toi.

Désormais, c’est avec le teint plus pâle que d’ordinaire que tu suivras la Celeste, celle que tu rêvais secrètement de tirer jusqu’au plus haut dans les cieux, là où désormais tu as élu domicile. Ta nuque ne baigne pas dans le cresson bleu mais dans un océan de reconnaissance pour ton apport au monde du ballon rond, dithyrambique à ton sujet. Le parfum des soirs de matchs ne feront plus frissonner ta peau mais tu peux dormir tranquille et apaisé car tu as su nous bercer chaudement. Ce souvenir ému que tu laisses derrière toi est comparable à celui d’un membre de famille, un cousin, un frère qui aura su donner l’exemple.

Comme les héros de l’Antiquité, tu conduisais toi-même ton char, fer de lance d’une attaque qui n’abandonnait jamais, une aristie que les plus avertis sauront reconnaître. Messager d’une rage de vaincre sans limite, tu as prouvé qu’avec peu, il est possible de faire beaucoup. Qu’à tes côtés, les saisons devenaient des romans passionnants à une époque où le formalisme est de mise et transperce les compartiments d’une société de plus en plus lisse. Tes buts étaient des enchainements parfois dénaturés, surprenants et c’était là encore l’une de tes forces.

Si tu aimais surprendre sur le pré, ce matin, la nouvelle de ton décès tombe comme un couperet, asphyxiante et insupportable. On se reverra de l’autre côté.

Hasta luego !

Marseille – Bordeaux : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes »

Hier soir a eu lieu une rencontre historique de Ligue 1 entre Marseille et Bordeaux. Deux équipes habituées, d’ordinaire, à jouer les premiers rôles mais depuis quelque années, Bordeaux rentre dans le rang malgré des qualifications régulières pour l’Europa Ligue souvent bazardées par un ronronnement insupportable pour tous les amoureux du club. Faut-il réellement s’inquiéter de la défaite des Girondins (1-0) au Vélodrome ? 

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Un réservoir vide

Les saisons passent et se ressemblent aux Girondins de Bordeaux depuis quelque temps. L’instabilité au club est de plus en plus préoccupante. Imagé par la solidité d’un entraîneur qui perdure dans le temps, le projet sportif semble de plus en plus flou avec l’éviction de Sagnol, (Ramé), Gourvenec, Poyet et bientôt Ricardo ? Le tout en cinq ans. Loin des standards Baup, Blanc et même Gillot qui avait su par période redonner de l’allant et quelque phases intéressantes. Ce qui frappe surtout, c’est le manque d’envie évident sur le terrain. Les joueurs marchent, ne font pas les efforts les uns pour les autres et cela commence à réellement se voir depuis quelque saisons maintenant. Les journalistes évoquent un « ronronnement » et c’est exactement cette image du chat qui dort sereinement, sans jamais être dérangé par des éléments extérieurs pouvant provoquer l’électrochoc. Les ultras Marines avaient raison de s’inquiéter pour l’institution d’autant plus que le mercato hivernal n’a pas semblé effectuer son rôle de levier (tant attendu?).

Ricardo et les moulins à vent

A l’image d’un Don Quichotte, seul face à ses moulins à vent, le discours du manageur brésilien ne semble n’avoir jamais été intégré par le groupe. Son relai, Bedouet semble beaucoup trop tendre pour créer l’émulation nécessaire du haut niveau. Le staff avance avec des oeillères mais hier soir, le langage corporel de l’expérimenté Brésilien était criant de transparence. Se tenant la tête dans ses mains, l’impuissance et le désarroi ont pris le pas sur la pugnacité et l’espoir. Le combat du manageur auriverde se rapproche bel et bien de celui du chevalier créé par Cervantes, seul au milieu d’un combat absurde, déjà perdu au moment de son intronisation. Risée de l’UNECATEF, moqué par les journalistes et pompier de service à sa descente sur le tarmac de Mérignac, Ricardo avait  quelque handicaps avant même ses premiers matchs durant lesquels il ne peut intervenir, ni réagir en conférence de presse, pour rappel. Une absurdité que l’on retrouve aussi dans ses choix souvent discutés et débattus tandis que du côté du champion du monde 1994, le silence est de mise et les résultats en berne parfois préoccupants. Mais Bedouet y voit lui, l’assurance d’un renouveau. Très inquiétant en somme.

La défense, rare satisfaction. 

Malgré le score défavorable et le niveau de jeu médiocre des Marseillais faisant penser à une opposition d’entraînement, Benoit Costil a été l’une des trop rares satisfactions hier retardant l’échéance. Pablo a essayé de mettre de l’impact physique et Palencia semble s’être battu. Poundjé … a fait du Poundjé mais plus en dedans que face à Strasbourg tout de même. Au-delà de ça, dans le jeu, quelle tristesse de voir Briand dézoner sans cesse à tort et à travers, ne jamais réussir un contrôle de ballon malgré son expérience. Quelle dommage de voir Kalu jouer comme au city stade, brouillon tandis que ses partenaires étaient clairement en manque d’inspiration offensive. Que dire de Kamano, ailleurs, qui aurait dû être largement cédé par le club sous peine de faire une Rolan bis à 15 millions. Quid d’un Sankharé fantomatique, faisant penser qu’un autre air l’attend sûrement cet été. Mais à présent, le maintien est l’objectif réaliste du club au Scapulaire tant la locomotive européenne creuse l’écart. La blogosphère évoque un grand mercato estival salvateur mais croire en l’optimisation divine ne serait-il pas candide ?