Girondins – Olympique de Marseille : Le mur de l’Atlantique

Dans une soirée de gala où les ultras nous ont régalé, les Girondins ont su être à la hauteur de l’évènement pour faire perdurer l’histoire, celle d’un grand club. Bordeaux sort largement vainqueur (2-0) face à des Marseillais parfois apathiques presque écoeurés. Du petit lait. 

Une défense imperméable 

Bordeaux a longtemps cherché la bonne formule en défense avant de comprendre l’association entre Pablo et Koundé sous Poyet. Et puis ce soir, une fois encore, cette défense à trois devant Costil donne une autre dimension à une ligne imperméable. Jovanovic confirme enfin qu’il peut tutoyer le plus haut niveau comme Frédéric Dobraje nous l’avait confirmé il y a deux ans maintenant. Costil rayonne dans ses buts et prend la dimension qu’on attend de lui. Les Marines et Blancs ont trouvé leurs 4 Fantastiques.

Le renouveau De Preville

Cela fait plusieurs matchs qu’il retrouve ses jambes. Une nouvelle fois très brouillon mais à son habitude, très pugnace sur le front de l’attaque. Une nouvelle fois, il se libère face à Marseille et, ne mâchons pas nos mots, cela fait du bien que cela vienne de lui. De Preville sent bien le coup en prenant la profondeur et d’un geste de hanches, il s’ouvre le chemin du but et ajuste un plat du pied enroulé magnifique battant Mandanda, impuissant. Ne manque plus que la régularité pour ENFIN retrouver l’attaquant de Reims.

Paulo Sousa fin tacticien

Il a surpris tout le monde en plaçant Sabaly en latéral polyvalent. Il a su redonner ses lettres de noblesses à un savoir-faire girondin : une défense solide. Même Poundjé semble avoir retrouvé un peu de football. Sachant que Bordeaux ne pourrait pas garder le ballon sur l’ensemble du match, les Girondins ont su laisser la balle aux Marseillais pour mieux contre-attaquer et ce choix fut payant. La rentrée de Lottin donne du crédit au travail de l’ensemble du staff du centre de formation. Ce soir, Koundé, Lottin et Zaydou ont foulé la pelouse. La réussite est totale et Sousa semble vouloir boire tous les atouts du club jusqu’à la lie. Savourons.

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Amiens-Bordeaux : un nul et c’est tout

Les Girondins avaient besoin de se rassurer à Amiens notamment pour assurer le matelas pour le maintien. Encore ratée pour Sousa qui ne connaît toujours pas le goût de la victoire. Doit-on être inquiet pour Marseille ? 

Une défense à trois convaincante

Au coup d’envoi, Costil dans les buts, Koundé, Pablo et Jovanovic avec un rôle avancé. Coaching payant tant la rigueur et l’assise furent efficaces. Et dire qu’il y a quelque mois, Jovanovic était à la cave. Mais que ce soit Frederic Dobraje ou le spécialiste et reconnu Aleksandar Stojanovic, tous, avaient été unanimes à son sujet, il a l’étoffe d’un grand. Cette défense solide sera bien évidemment, extrêmement utile face à une équipe de Marseille qui viendra en Gironde pour se placer dans la course à l’Europe. Ce maillon est aussi face à Amiens, la seule satisfaction du match. Seule partie de l’équipe aussi, à jouer simplement en une ou deux touches de balle.

Une attaque fantomatique

Zéro but, c’est le constat amer d’une attaque qui n’y arrive plus. Quid des Kamano et Karamoh suivis par les plus grands clubs, quid de Sankharé en numéro 10 et quid de De Preville encore moribond hier. Décidément, il est temps de nettoyer cette attaque qui n’est pas digne de l’institution. Trop suffisante, inefficace et joueur pansement. Il serait de bon goût de recruter enfin des joueurs inspirés avec l’envie féroce d’aller glaner des titres car désormais la Ligue 1 s’ouvre sur certaines compétitions et l’Europa League abordable la saison prochaine. Henrikssen, Malinovkyi et Skov pourraient garnir qualitativement un effectif offensif à l’arrêt total, attendant presque les vacances pour partir.

Vaincre Marseille pour ne pas enflammer Bordeaux

Avec 35 points, le maintien semble presque acquis mais une victoire contre Marseille permettrait d’une part de se rassurer mais aussi de continuer cette invincibilité si chère à la région et aux fans, désormais obsédés par ce match. Un résultat négatif serait synonyme d’embrasement, là où la belle endormie préfère ne pas se faire remarquer. Des conséquences qui pourraient aller bien au-delà du sportif. Un monument comme les Girondins de Bordeaux est bien plus que du simple football. Un patrimoine qu’il ne faut salir. Un club trop souvent la risée de blogueurs avides de buzz ces derniers temps. Mais le géant respire et l’été viendra, assurément, poser les pierres de sa nouvelle histoire, on l’espère, glorieuse.

 

PSG – Manchester : Le naufrage a encore eu lieu

Largement dominateur face à une équipe B de Manchester United incapable de se créer des occasions face à des Paris plutôt sérieux dans l’ensemble. Des points sombres sont pourtant présents car ce soir le PSG est vaincu et éliminé (1-3). Deux ans après la remuntada, bis repetita. Les séquelles seront indélébiles. Paris ne sera pas en quart de finale de Ligue des Champions. Encore. 

MBappé le maladroit 

Il devait être le leader technique de l’attaque parisienne et malgré sa passe décisive, il fut l’ombre de lui-même. Par quatre fois, le jeune Français a été maladroit, terriblement, profondément. Difficile de se souvenir d’une telle maladresse de la part du numéro 7 parisien. Au-delà, dans son placement, il a été défaillant à trop vouloir camper au point de penalty tandis que Dani Alves a fait une partie XXL à un poste qu’on ne lui connaissait peu finissant numéro 10, complètement cuit.

Kehrer fautif 

D’entrée de jeu, le jeune latéral envoie une passe dans l’axe, fatale, qui remet Manchester dans la course à la qualification (0-1). Très rapidement, Buffon relâche un ballon de Rashford et le paie cash derrière (1-2). Souvent à côté dans ses décisions, le jeune Allemand a joué la peur au ventre pendant presque 70 minutes de jeu. Ne fallait-il pas le sortir à la mi-temps ? Plus largement, en dehors de Bernat, la défense était ailleurs ce soir. Loin de la coupe aux grandes oreilles en tout cas.

Un scénario catastrophique

Le match ne pouvait pas commencer plus mal avec ce but donné par Kehrer. Ultra dominateur, Paris n’a jamais été mort de faim dans la surface de réparation, tournant autour du pot durant l’ensemble du match. Mbappé très à proximatif, Di Maria parfois génial, parfois absent et Draxler qui se claque. Et que dire de cette frappe de Bernat seul, face à De Gea ? Le penalty sur la VAR à la fin n’est que la résultante d’une équipe qui n’aura pas su tuer le match et un adversaire déjà largement affaibli. Une équipe de bourgeois, gavée de points en championnat, pas habituée à encaisser les coups en France. Ce soir Paris paye son ego et son manque de caractère. Les Qataris voulaient empiler des records, c’est chose faite. Triste soirée.

 

Bordeaux – Montpellier : Les Girondins creusent encore

Dans un Matmut Atlantique presque vide mais avec le soutien indéfectible des Ultras Marines, les Girondins continuent d’aggraver le piètre niveau de jeu qu’ils affichent depuis bien trop longtemps maintenant. Encore une fois, Bordeaux relance une équipe de Ligue 1, cette fois, Montpellier (1-2). A qui le tour ? 

Karamoh, l’éclair dans l’obscurité

Il est l’une des très rares satisfactions avec le soutien sans faille du Virage Sud. Intenable, feu-follet, Karamoh a fait mal lors de ses prises de balle, souvent dangereux, il lui manquait un but hier et cela n’aurait pas été volé. Mais le football se joue à onze. Olive et Tom reste une fiction. Cela donne aussi le niveau des Pailladins qui ont eu du mal hier à le contenir, oui,  à onze contre un. Il est sorti sous les sifflets par Bedouet de façon totalement incompréhensible. Avait-il une soirée de prévue derrière ? Quand on apprend que Sankharé souffre des suites d’implants au niveau de la barbe…tout est possible et imaginable !

De Préville creuse encore 

Ce joueur restera une énigme. Brillant à Reims, l’attaquant n’a jamais trouvé son rythme et son talent en Gironde. Pire, il enchaîne les bévues faisant même sourire, à l’image de ce retourné acrobatique tenté en deuxième période tandis qu’il n’arrive pas à cadrer un tir depuis deux ans. Il met de l’envie mais il semble englué dans une impasse, prenant constamment les mauvaises décisions. Il doit partir cet été.

Le cas Plasil 

Ils ont presque tous été indignes du maillot au scapulaire hier. Mais Plasil n’a clairement plus le niveau professionnel. Pour le Stade Bordelais, il pourrait apporter son expérience en N2 mais en Ligue 1, Jaro n’a plus les jambes, ni la vista et peut être même l’envie. De nombreuses touches de balle sans trouver de solution là où on attend qu’il accélère le jeu. Un positionnement vissé au centre du terrain, là où on attend sa technique de frappe dans les 25 mètres adverses. Un replacement défensif timide, là où attend de lui du caractère et de l’exemple. Dugarry déclarait hier qu’une équipe de Ligue 1 pouvait se placer rien qu’en courant et en se donnant physiquement. A Bordeaux, nous n’avons même plus ça.

FC Bruges – Sint Truiden : Une victoire sans panache

C’était l’affiche de cette journée de Jupiler Pro League entre le FC Bruges et Saint Trond ce soir. L’enjeu était simple pour les Jaunes, prendre les 3 points pour rester collés au wagon de tête. Malgré une ligne d’attaque convaincante, Saint Trond s’incline sur un penalty (1-0). Dur. 

Vanaken décevant, encore. 

Depuis son trophée illustrant sa fabuleuse saison dernière, le joueur belge est loin de son niveau passé. Il balbutie et joue de son physique, là où ses passes régalaient ses attaquants dans des espaces toujours plus restreints. Aujourd’hui rentré dans le rang, il déçoit au vu de ce qu’il nous avait habitué. Est-il déjà ailleurs ?

Boli malchanceux 

Dynamique, révolté et mort de faim, l’attaquant de Saint Trond a tout tenté pour marquer ce soir. Souvent bien placé dans le jeu, il a aussi fait preuve de maladresse dans le dernier geste et méritait peut être un penalty, à son tour. Il est indéniable que l’attaquant ne fera pas de vieux os à Sint Truiden.

Diatta un ailier de choc

Côté satisfaction, le jeune Sénégalais a tout donné côté gauche, malmenant fermement l’axe Kamada, Botaka et Tomiyasu. Insaisissable, le jeune ailier de 20 ans a une vivacité à faire envie les plus grands clubs européens. Une trajectoire incroyable pour ce joueur en provenance de Norvège, encore plus incroyable quand on sait que plusieurs clubs de Ligue 1 ne se sont pas retournés sur ses essais. Avec un peu plus de justesse, il aurait pu délivrer deux ou trois passes décisives sans qu’il n’y ait de scandale. Jeune pousse à suivre de près.

Girondins de Bordeaux : Obrigado Ricardo

On dit souvent qu’une histoire d’amour est un segment ininterrompu sur lequel la passion fonce à vive allure sans se soucier des préjugés. Difficile par conséquent d’imaginer un second épisode. Et pourtant, il est humain d’y croire à chaque fois. 

Ricardo, l’homme fort

Il arrive à l’été 2005 comme le messie après une saison mouvementée ayant vu l’éviction de Elie Baup, l’entraîneur emblématique des Marines et Blancs et l’intérim de Michel Pavon pour qui la marche était trop haute. Son palmarès tape aux yeux, son calme rassure et ses principes de jeu soignent un Bordeaux en mal de confiance. Durant cette période, son recrutement est curieux avec Alonso, Menegazzo, Wendel et Denilson, le fantasque Brésilien grillé à Séville pour avoir séduit la femme de trop, celle d’un toréador, héros en son pays. Bordeaux est une ville de tous les possibles et aussi le carrefour du monde, à sa mesure bien entendu. Force est de constater qu’avec Ricardo, ce fut le début d’un joli quinquennat auréolé d’un titre de champion quelque années plus tard. Cette magie à laquelle Bordeaux n’a plus goûté depuis longtemps…

Un manager affaibli

Très vite, le mutisme s’installe au Haillan laissant seul, un Eric Bedouet démuni tentant la méthode Coué mais finalement trop tendre, souvent hors de propos et raillé. Dans le pays où le diplôme jauge la valeur d’un homme, Ricardo n’a jamais pu s’exprimer sur et en dehors du terrain, cadenassé à encaisser les coups dans l’ombre. Entre des journalistes frustrés, des supporteurs incrédules et une direction exigeante, la fin de l’aventure s’arrête là et c’est mieux ainsi. Le navire faisait plus que couler à l’heure où tout le monde rappelle le matelas de points confortable pour le maintien…cet objectif cher à Guy Roux pourtant indigne de l’institution bordelaise.

Qui pour lui succéder ? 

Les investisseurs américains ont imposé une cadence et un discours tranché qu’on ne connaissait pas au Haillan. La conséquence directe se retrouve dans le recrutement jusque là, imprévisible chez tous les observateurs. Cet hiver, trois jeunes sortis de nul part débarquent en Gironde avec les dents longues. Joe DaGrosa évoque une pointure à la tête de l’équipe et les journalistes adoubent Paulo Sousa futur coach. Par plusieurs fois, les pistes ont été brouillées tandis que José Mourinho cherche à montrer de nouveau le coach fantastique et la machine à gagner qu’il a (toujours) été. Lui qui a su révéler la grande équipe de Porto en 2004 ,future finaliste de l’Euro 2004 avec toute l’ossature de l’équipe du Portugal, lui qui a su remporter la Champions en 2010 en convaincant Eto’o de jouer arrière latéral, à tenir la dragée haute au très grand Barcelone et à remporter un titre continental avec MU… Là où George Mendes gravite, les noms ronflants risquent de pleuvoir. Mais ce dernier, ayant longuement échangé de l’attractivité et la crédibilité du projet bordelais avec un non moins connu, Pauleta couplé à Bruno Basto désormais dans les coulisses du foot, pourrait finalement aider à faire de Bordeaux un nouveau Monaco, à quelque différences près. Celle d’un Matmut Atlantique complet et d’une buvette à plein régime…n’est-ce pas Monsieur DaGrosa ?

Betis Seville – Stade Rennais : En marche pour l’histoire

Au bout d’un suspense insoutenable, le Stade Rennais s’impose 1-3 dans un Stade Benito-Villamarín, comble, prêt à soutenir son équipe jusqu’au bout. Un match costaud qualifiant les Rouges et Noirs pour les 1/8eme. Le foot français ne se porte pas si mal finalement. 

Julien Stephan, bonne pioche

Cela fait des années que le Stade Rennais se cherche un leader technique en posant des moyens, en tournant et retournant les candidatures. Il y en a eu des noms sur le banc du Roazhon Park, anciennement Stade de la route de Lorient. Pourtant, c’est un « fils de », sorti de la réserve qui fait le boulot et bien plus. Julien, de son prénom a donné une identité de jeu, su dompter les Ben Arfa,  Niang et Grenier, le genre de coach qui se fait rare du côté de Bordeaux.

Sarr, casting payant

A son arrivée à Rennes en provenance de Metz pour 20 millions d’euros, les questions de la confirmation pesaient sur le garçon et la direction sportive. Ce soir, Sarr, confirme qu’il est à sa place en Coupe d’Europe en bonifiant ses statistiques malgré une grosse baisse d’intensité physique sur les 10 dernières minutes imagée par de nombreuses pertes de balles. Mais soyons justes, performance de très haut niveau pour l’international sénégalais.

L’indice UEFA dans le vert. 

Comme l’année dernière, il y aura un club français en 1/8eme de finale et la France se hâte de découvrir le futur adversaire des Rennais demain. Paris en ballotage favorable, Lyon toujours en course et Rennes très inspirant…Le football français ne se porte pas si mal. Le supporteur bordelais que je suis sera nostalgique de ce stade du Betis Balompié et l’épopée de 1996. Cette fois ci c’est Rennes qui marche vers son histoire. Bravo et merci au club de nous avoir fait frissonner mais vite, Bordeaux, revient nous vite ! Ces soirées sont magiques !